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Page 1 sur 7 Un certain nombre de penseurs musulmans contemporains ont travaillé sur la relation entre la religion et la science.[1] Le sujet lui-même est de plus en plus populaire parmi les musulmans, non seulement parmi les scientifiques mais aussi parmi d'autres groupes d'intellectuels et de professionnels musulmans. Etant musulmans, ils s'intéressent le plus souvent à discuter et à débattre de ce sujet à partir d'un point de vue islamique. D'ailleurs, dans beaucoup de pays musulmans aujourd'hui, pratiquement toutes les classes de musulmans instruits s'intéressent à quelque sujet ayant rapport à la relation entre la religion et la science.
Ceux qui ont suivi de près les développements religieux dans le monde musulman depuis le début de la 'renaissance islamique globale' dans les années 1970 ne manqueront pas de remarquer qu'un intérêt grandissant pour les sujets liés à la religion et à la science dans les dernières décennies fait partie intégrante d'un intérêt plus large pour la religion, la culture et la civilisation de l'Islam. Le fait que la majorité des participants actifs dans le discours musulman sur la religion et la science soient des scientifiques naturalistes qui ont un intérêt dans la religion, en dit long sur la transformation intellectuelle qui a lieu dans le monde musulman.[2] Hélas, la quantité d'ouvrages disponibles sur ce sujet reflète mal le travail qui a été réellement mené sur le terrain. Les experts occidentaux qui examinent l'islam contemporain tendent à se concentrer sur sa dimension politique, contribuant ainsi à éclipser d'autres manifestations modernes de l'intellectualité et de la religiosité musulmanes comme dans les sciences, qui sont d'ailleurs souvent considérées en Occident comme le domaine le plus laïque. Il est regrettable d'ajouter que l'intérêt de plus en plus populaire des musulmans pour les discours intellectuels sur la religion et la science n'a pas été accompagné par l'institutionnalisation de programmes de recherche et d'études conséquents. Les programmes bénéfiques, qui ne sont pas actuellement appliqués, comporteront la présentation de ce sujet dans les programmes d'étude des instituts d'enseignement supérieur et dans l'établissement de centres de recherche consacrés au progrès de la compréhension humaine des différents aspects de la relation entre la religion et la science. Tandis qu'en Occident il existe beaucoup de ces centres, des organisations universitaires et des revues consacrées aux études sur la religion et la science au sein de la vision de monde judéo-chrétienne, nous ne pouvons parler que d'un petit nombre d'efforts allant dans ce sens dans le monde musulman.[3] Dans ce contexte de négligence relative de la dimension intellectuelle de la renaissance islamique globale, cet essai cherche à faire mieux connaître la voix d'un théologien musulman contemporain sur des questions portant sur la religion et la science. La figure religieuse présentée ici est Fethullah Gülen[4] (né en 1938), savant turc d'une grande piété, éducateur et prédicateur très populaire et influant non seulement dans son pays mais aussi dans les républiques turcophones d'Asie centrale. Il est clair que le choix de la perspective d'un théologien musulman sur la religion et la science est significatif. Cette importance réside dans le fait que le discours musulman contemporain sur le sujet a été dominé par des scientifiques et des savants musulmans qui ont étudié en Occident. A travers le monde musulman d'aujourd'hui, il est rare de trouver de grands penseurs parmi les hommes de religion qui réfléchissent à des sujets ayant trait à la religion et à la science, qu'ils aient été éduqués dans un environnement traditionnel ou moderne. Gülen fait clairement partie de cette petite minorité de savants religieux. C'est précisément son importance en tant que savant religieux très respecté, intéressé et versé dans les relations entre la religion et la science, qui rend l'examen de ses idées si significatif. Ce qui est aussi notable concernant Gülen est le fait qu'il vienne de Turquie, un Etat laïque, où sa vision islamique essentiellement traditionnelle sur la religion et la science peut être perçue comme étant philosophiquement en désaccord avec le contenu idéologique de la laïcité officielle d'Etat, si ce n'est avec ses institutions politiques.[5]
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